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Anima-Mag

Le magazine de la protection et du bien-être animal

Demeure Monday: quand prendre soin des animaux aide aussi à reconstruire des vies

Demeure Monday: quand prendre soin des animaux aide aussi à reconstruire des vies octobre 7, 2026 Vanessa DUBOST Le 6 octobre, le YouCare Charity Gala by Mars Petcare a réuni 220 personnalités au Cercle de l’Union Interalliée à Paris. À la clé : 537 327 € collectés pour un projet inédit où protection animale, réinsertion sociale et préservation des forêts se rencontrent. Et si prendre soin des animaux pouvait aussi permettre de reprendre sa vie en main ? C’est toute l’ambition de la Demeure Monday, un projet porté par l’association YouCare et né d’une rencontre qui n’avait, en apparence, rien de programmé : celle d’Olivia, créatrice du compte Oli & Monday, de Patoch, sans-abri depuis plus de vingt ans, et de son chien Monday. De cette histoire est née une idée aussi simple que puissante : créer un lieu où des personnes en grande précarité puissent se reconstruire en prenant soin d’animaux abandonnés, tout en participant à la restauration des écosystèmes. 537 327 EUROS POUR UN PROJET HORS DU COMMUN Mardi 6 octobre, le YouCare Charity Gala by Mars Petcare a rassemblé 220 invités au Cercle de l’Union Interalliée, à Paris. Comédiens, danseurs, humoristes, entrepreneurs et créateurs de contenu se sont mobilisés pour soutenir la Demeure Monday. Parmi eux : Mathilda May, Bernard Montiel, Yamina Benguigui, François Alu, Denitsa Ikonomova, Natoo, Noholita, Romy, Logfive ou encore Jeremstar. La soirée, animée par Christophe Beaugrand et Sandrine Arcizet, a également été retransmise sur Instagram, TikTok et Twitch, réunissant près de 100 000 spectateurs. Résultat : 537 327 € collectés, soit plus du double des 210 000 € réunis lors de la première édition en 2024. Une somme qui permettra de lancer les travaux de la Demeure Monday. UN LIEU OÙ LES DESTINS SE CROISENT Installée au sein de la Pépinière YouCare, en Île-de-France, la Demeure Monday accueillera des personnes en grande précarité. Le principe est aussi original qu’humain : les résidents pourront prendre en charge des animaux abandonnés jusqu’à leur adoption, suivre une formation diplômante aux métiers horticoles et participer au programme de reforestation de YouCare. À l’issue de leur parcours, certains pourront également se voir proposer un emploi par les partenaires du programme. Ici, l’animal n’est donc pas simplement bénéficiaire d’une action de protection. Il devient aussi compagnon de reconstruction. Prendre soin, nourrir, accompagner, rassurer, préparer à l’adoption : autant de gestes qui peuvent redonner un rythme, une responsabilité et une place à celles et ceux que la précarité a progressivement éloignés du monde professionnel et social. DES ANIMAUX AUX FORÊTS La singularité du projet réside aussi dans son approche globale. Les futurs résidents participeront au programme de reforestation de YouCare, destiné à restaurer des forêts détruites par les incendies, les ravageurs ou les effets du dérèglement climatique. Animaux, humains, arbres : trois dimensions d’un même projet. Une manière de considérer la protection du vivant non comme une succession de causes séparées, mais comme un écosystème dans lequel les fragilités se répondent. UNE HISTOIRE QUI A COMMENCÉ AVEC MONDAY Au cœur du projet, il y a pourtant une histoire personnelle. Celle d’un homme, Patoch, qui vivait dans la rue depuis plus de vingt ans, et de son chien Monday. Cette rencontre avec Olivia, à l’origine du compte Oli & Monday, a donné naissance à une réflexion plus vaste : et si la relation entre un humain et un animal pouvait devenir le point de départ d’une reconstruction ? La Demeure Monday porte aujourd’hui cette conviction. Un animal abandonné a besoin d’un foyer. Une personne en situation de grande précarité a besoin d’un cadre, d’un accompagnement et d’une perspective. Une forêt fragilisée a besoin de temps et de soin. Le projet choisit de réunir ces trois besoins au même endroit. LE DON COMME POINT DE DÉPART Créée en 2020, l’association YouCare œuvre pour la protection animale et la préservation de la biodiversité. Elle compte aujourd’hui plus de 2 700 membres, 3 500 bénévoles et 200 entreprises mécènes. Depuis sa création, elle indique avoir réalisé 2 100 sauvetages, distribué 8 millions de repas grâce à sa banque alimentaire animale et planté 190 000 arbres. En 2024, les fonds récoltés lors du premier gala avaient notamment permis d’acquérir le terrain et les bâtiments de la future Demeure Monday, de viabiliser le site, d’obtenir les permis nécessaires et de rénover une première maison destinée à l’équipe d’accompagnement. Avec les 537 327 € réunis cette année, une nouvelle étape commence. LE REGARD D’ANIMA La Demeure Monday raconte une autre manière de penser la solidarité. Une solidarité qui ne sépare pas les causes, mais cherche au contraire leurs points de rencontre. Réinsérer un humain. Sauver un animal. Restaurer une forêt. Trois gestes différents, réunis autour d’une même idée : lorsque l’on prend soin du vivant, on peut aussi contribuer à reconstruire ce qui semblait fragilisé. Et parfois, tout commence simplement par une rencontre. Demeure Monday — YouCare, Île-de-France.

MUSTANGS : LES CHEVAUX SAUVAGES DE L’OUEST AMÉRICAIN MENACÉS ?

MUSTANGS : LES CHEVAUX SAUVAGES DE L’OUEST AMÉRICAIN MENACÉS ? septembre 5, 2026 Vanessa DUBOST Ils incarnent la liberté et les grands espaces américains. Pourtant, les mustangs sont aujourd’hui au cœur d’un débat qui oppose protection animale, préservation des écosystèmes et activités humaines. Des milliers de chevaux vivant en liberté sont capturés chaque année. Mais que se passe-t-il réellement aux États-Unis ? Des chevaux devenus symboles de l’Amérique Crinière au vent, galop dans les plaines arides : le mustang est indissociable de l’imaginaire de l’Ouest américain. Pourtant, contrairement à ce que son image pourrait laisser penser, le mustang n’est pas une espèce sauvage originaire d’Amérique du Nord. Ses ancêtres ont été introduits par les Européens, notamment les Espagnols, à partir du XVIe siècle. Certains chevaux se sont échappés ou ont été relâchés et ont progressivement formé des populations vivant en liberté. Au fil des siècles, ces chevaux se sont adaptés aux conditions parfois extrêmes de l’Ouest. Aujourd’hui, ils constituent l’un des symboles les plus forts du patrimoine naturel américain. Quand les populations deviennent difficiles à gérer Le problème est aujourd’hui principalement démographique. Sur certaines terres publiques de l’Ouest, les populations de chevaux sauvages ont augmenté au-delà du niveau considéré comme soutenable par les autorités. Dans ces régions arides, l’eau et la végétation sont limitées et doivent être partagées avec la faune sauvage, mais aussi avec les troupeaux d’élevage. Le Bureau of Land Management (BLM) est chargé de gérer une grande partie de ces populations. Pour limiter leur croissance, l’agence organise régulièrement des opérations de capture. Les chevaux sont alors retirés de leur environnement naturel. Certains sont proposés à l’adoption, tandis que d’autres restent dans des structures de détention. Et c’est là que le système atteint ses limites. Des captures qui suscitent la controverse Pour les autorités américaines, ces opérations répondent à un objectif de gestion des territoires et de protection des écosystèmes. Les associations de protection animale contestent cependant le recours à des captures massives et s’inquiètent du devenir des chevaux une fois retirés de leur milieu naturel. Elles défendent notamment le recours à des méthodes de contrôle des naissances, afin de réduire progressivement les populations sans multiplier les captures. La contraception constitue aujourd’hui l’une des pistes étudiées pour parvenir à un meilleur équilibre. Elle nécessite toutefois un suivi régulier des troupeaux et ne constitue pas une solution immédiate. Un conflit qui dépasse la cause animale Derrière le destin des mustangs se joue en réalité une question beaucoup plus large : quelle place les États-Unis veulent-ils accorder à la nature sauvage sur leurs terres publiques ? Dans l’Ouest américain, les espaces sont convoités par de nombreux acteurs. Éleveurs, défenseurs de la biodiversité, autorités publiques et associations de protection animale ne partagent pas toujours la même vision de leur utilisation. Le changement climatique et les épisodes de sécheresse compliquent encore la situation en accentuant la pression sur les ressources naturelles. Le débat ne consiste donc pas simplement à choisir entre « sauver les chevaux » ou « protéger les écosystèmes ». Il s’agit de trouver un équilibre permettant aux mustangs de continuer à vivre en liberté tout en préservant les territoires dont dépendent également les autres espèces. LES CHIFFRES À RETENIR Des dizaines de milliers de chevaux sauvages et de burros vivent sur les terres publiques américaines. Le BLM assure la gestion d’une grande partie de ces populations dans plusieurs États de l’Ouest.  Dans certaines régions, la disponibilité de l’eau et de la végétation est au cœur des tensions entre chevaux sauvages, faune et élevage. LE SAVIEZ-VOUS ? Le mot mustang vient de l’espagnol mestengo, qui désignait notamment un animal errant ou vivant en liberté. Et contrairement à l’image du cheval solitaire galopant dans le désert, les mustangs sont des animaux sociaux. Ils vivent généralement en groupes familiaux et entretiennent des relations durables avec leurs congénères. Préserver les mustangs, mais aussi leur territoire Le paradoxe est frappant : les mustangs sont devenus l’un des symboles de la liberté américaine, alors que leur avenir dépend aujourd’hui largement de décisions humaines. La question n’est donc plus seulement de savoir combien de chevaux peuvent vivre sur ces terres, mais comment leur permettre d’y rester sans compromettre l’équilibre des écosystèmes. Entre captures, adoption, contraception et protection des habitats, les solutions sont complexes et aucune ne fait consensus. Mais derrière les chiffres et les controverses, il reste une évidence : un mustang n’est pas un simple animal « en trop ». C’est un être vivant, social, qui fait désormais partie de l’histoire et du paysage américain. L’enjeu sera peut-être, demain, de ne plus opposer la liberté des chevaux à la protection de la nature, mais de trouver enfin une manière de les faire coexister.

« Collection de malade »: GAIA dénonce les dérives de la mode animale

« Collection de malade »: GAIA dénonce les dérives de la mode animale août 25, 2026 Vanessa DUBOST Et si certains animaux étaient devenus, malgré eux, des objets de collection ? Avec sa campagne « Collection de malade », GAIA entend attirer l’attention sur les conséquences de certaines sélections et pratiques d’élevage qui privilégient l’apparence au détriment du bien-être animal. Un museau toujours plus court, des yeux particulièrement grands, un corps miniature, des oreilles disproportionnées… Certaines caractéristiques physiques recherchées chez les chiens, les chats ou d’autres animaux peuvent sembler attendrissantes ou originales. Pourtant, derrière ces silhouettes devenues populaires sur les réseaux sociaux se cachent parfois de sérieux problèmes de santé. C’est le message que souhaite faire passer GAIA avec sa campagne « Collection de malade », qui interroge notre fascination pour les animaux aux caractéristiques physiques extrêmes. Quand l’apparence passe avant la santé Depuis plusieurs années, certaines caractéristiques morphologiques sont devenues particulièrement recherchées. Leur apparence singulière peut contribuer à leur popularité et encourager une demande toujours plus importante. Mais lorsqu’une caractéristique physique devient un critère de sélection, elle peut aussi avoir des conséquences sur la santé des animaux. Chez certaines races de chiens notamment, les morphologies très particulières peuvent être associées à des difficultés respiratoires, des problèmes oculaires, des troubles articulaires ou encore des difficultés à se reproduire naturellement. Le problème n’est donc pas l’animal lui-même, mais la sélection humaine qui a progressivement favorisé certains traits physiques au détriment d’autres critères essentiels, comme la santé et la qualité de vie. Des animaux victimes de leur succès La campagne de GAIA invite ainsi à regarder au-delà de l’image. Un animal qui paraît « adorable » sur une photographie peut parfois vivre avec des contraintes quotidiennes invisibles : respirer difficilement, supporter la chaleur, avoir des problèmes de mobilité ou nécessiter des soins vétérinaires réguliers. La popularité d’une apparence peut également alimenter un cercle difficile à interrompre : plus une caractéristique est recherchée, plus elle est reproduite, et plus elle risque de devenir extrême au fil des générations. À l’heure des réseaux sociaux, cette mécanique peut être amplifiée par les images virales et les phénomènes de mode. Peut-on encore parler de beauté lorsqu’elle fait souffrir ? C’est toute la question soulevée par « Collection de malade ». L’esthétique animale n’est évidemment pas nouvelle. Depuis des siècles, l’être humain sélectionne les animaux domestiques pour leur apparence, leur comportement ou leurs aptitudes. Mais les progrès de la médecine vétérinaire permettent aujourd’hui de mieux identifier les conséquences de certaines sélections. Un animal ne devrait pas avoir à souffrir pour correspondre à un idéal esthétique. Cette réflexion concerne aussi les futurs propriétaires. Avant de craquer pour une apparence ou une race particulièrement à la mode, il est essentiel de s’intéresser à ses besoins, à sa santé et aux éventuelles prédispositions génétiques associées. Repenser notre façon de choisir un animal La campagne de GAIA pose finalement une question simple : qu’attendons-nous réellement d’un animal de compagnie ? Qu’il corresponde à une tendance ? À une esthétique popularisée sur Instagram ou TikTok ? Ou qu’il puisse vivre une vie aussi saine, confortable et longue que possible ? Pour ANIMA, la réponse semble évidente : la beauté d’un animal devrait d’abord résider dans sa vitalité, son bien-être et sa personnalité, plutôt que dans une apparence poussée à l’extrême. Changer notre regard peut aussi contribuer à changer la demande. Privilégier des élevages responsables, se renseigner sur les problèmes de santé propres à certaines races et refuser de soutenir la reproduction de caractéristiques manifestement incompatibles avec le bien-être sont autant de gestes qui peuvent faire évoluer les pratiques. Derrière chaque apparence, un être vivant Avec « Collection de malade », GAIA nous invite surtout à ne pas confondre originalité et bien-être. Parce qu’un animal n’est ni un accessoire de mode, ni une pièce de collection, ni un objet destiné à satisfaire nos critères esthétiques. Avant de choisir un physique, choisissons une vie.