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Anima-Mag

Le magazine de la protection et du bien-être animal

DOMINION: Le film qui nous oblige à regarder

DOMINION: Le film qui nous oblige à regarder septembre 13, 2026 Vanessa DUBOST Il y a des films que l’on regarde. Et puis il y a ceux que l’on n’oublie pas. Dominion est de ceux-là. Sorti en 2018, ce documentaire australien montre, à travers des images tournées dans des élevages et des abattoirs, la réalité de l’exploitation animale. Difficile, parfois insoutenable, mais profondément nécessaire. Je viens de voir Dominion. Et je dois l’avouer : je ne m’attendais pas à être autant bouleversée. On peut aimer les animaux, s’intéresser à leur protection, connaître les débats autour de l’élevage intensif et penser être déjà sensibilisé à leur condition. Et pourtant, certaines images ont une force particulière lorsqu’elles nous mettent directement face à une réalité que l’on préfère souvent ne pas regarder. Dominion est un film à voir. Même lorsqu’il fait mal. Peut-être précisément parce qu’il fait mal. REGARDER CE QUE L’ON NE VOIT JAMAIS Réalisé par Chris Delforce, Dominion s’appuie principalement sur des images filmées dans des exploitations et des installations de l’industrie animale. Le documentaire s’intéresse à différentes formes d’utilisation des animaux : élevage, alimentation, vêtements, divertissement et recherche, en montrant les pratiques qui se déroulent derrière des portes auxquelles le public n’a généralement pas accès. Le procédé est volontairement direct. Pas de mise en scène spectaculaire. Pas de fiction. Des animaux. Des êtres sensibles. Et des images qui témoignent. C’est probablement ce qui rend le film si difficile à regarder. UNE RÉALITÉ À DISTANCE DE NOS VIES L’un des paradoxes de notre rapport aux animaux est là. Nous partageons nos maisons avec des chiens et des chats que nous considérons comme des membres de la famille. Nous sommes émus par leur souffrance, nous les soignons, nous les protégeons. Et parallèlement, d’autres animaux restent très largement invisibles dans notre quotidien. Nous connaissons rarement leurs conditions de vie, leur transport ou leur fin de vie. Dominion vient précisément combler cette distance. Le film nous demande de regarder ce qui se passe lorsque l’animal cesse d’être perçu comme un individu pour devenir une production, une ressource ou un produit. DES IMAGES QUI RESTENT Il faut prévenir ceux qui souhaitent découvrir le film : certaines scènes sont extrêmement difficiles. Dominion n’est pas un documentaire que l’on regarde distraitement un soir. Certaines séquences peuvent choquer, bouleverser, voire donner envie d’arrêter le film. Mais c’est aussi ce qui fait sa particularité. Car derrière chaque image, il y a un animal qui ressent, qui cherche à fuir, qui manifeste du stress, de la peur ou de la douleur. Et soudain, le mot « élevage » devient beaucoup plus concret. COMPRENDRE AVANT DE JUGER Chez ANIMA, nous défendons une conviction simple : le bien-être animal commence par la compréhension. C’est aussi pour cette raison que Dominion mérite d’être regardé. Pas nécessairement pour nous dicter ce que nous devons penser ou ce que nous devons manger. Mais pour nous donner accès à une réalité que nous ne voyons presque jamais. Le film peut susciter de la colère, de la tristesse, de l’incompréhension. Il peut également provoquer des questionnements sur nos habitudes et sur le système dans lequel nous vivons. Et c’est déjà beaucoup. UN FILM QUI LAISSE UNE TRACE Je ne suis pas sortie de Dominion avec toutes les réponses. Mais avec beaucoup de questions. Sur notre rapport aux animaux.Sur ce que nous acceptons de ne pas voir.Sur la frontière que nous établissons entre certains animaux et d’autres.Et surtout sur la responsabilité qui est la nôtre lorsque nous découvrons une réalité qui nous dérange. C’est peut-être là que réside la force de ce documentaire. Il ne nous laisse pas simplement spectateurs. Il nous oblige à réfléchir. À VOIR, MAIS À SAVOIR AVANT ⚠️ Dominion contient des images extrêmement difficiles et peut être déconseillé aux personnes sensibles. Mais si vous êtes prêt à regarder cette réalité en face, je vous recommande profondément de voir ce film. Parce que parfois, comprendre commence simplement par accepter de regarder. Dominion est disponible gratuitement en ligne sur plusieurs plateformes officielles du documentaire. LE SAVIEZ-VOUS ? Le documentaire Dominion, sorti en 2018, a été réalisé par Chris Delforce. Il utilise notamment des images issues de caméras cachées et de drones afin de documenter différentes pratiques de l’industrie animale. NOTRE REGARD ANIMA Un film difficile. Très difficile. Mais un film important. On peut détourner les yeux devant certaines images. On peut avoir besoin de faire une pause. On peut même ne pas être d’accord avec tous les choix éditoriaux du documentaire. Mais après l’avoir vu, il est difficile de prétendre que l’on ne savait pas. Et peut-être que c’est précisément pour cela que Dominion mérite d’être vu. A voir sur You Tube: https://www.youtube.com/watch?v=LQRAfJyEsko&list=PLNocapBJ25tCb59Rl-7oeSnqaEMY5IWjl&rco=1  

« Collection de malade »: GAIA dénonce les dérives de la mode animale

« Collection de malade »: GAIA dénonce les dérives de la mode animale août 25, 2026 Vanessa DUBOST Et si certains animaux étaient devenus, malgré eux, des objets de collection ? Avec sa campagne « Collection de malade », GAIA entend attirer l’attention sur les conséquences de certaines sélections et pratiques d’élevage qui privilégient l’apparence au détriment du bien-être animal. Un museau toujours plus court, des yeux particulièrement grands, un corps miniature, des oreilles disproportionnées… Certaines caractéristiques physiques recherchées chez les chiens, les chats ou d’autres animaux peuvent sembler attendrissantes ou originales. Pourtant, derrière ces silhouettes devenues populaires sur les réseaux sociaux se cachent parfois de sérieux problèmes de santé. C’est le message que souhaite faire passer GAIA avec sa campagne « Collection de malade », qui interroge notre fascination pour les animaux aux caractéristiques physiques extrêmes. Quand l’apparence passe avant la santé Depuis plusieurs années, certaines caractéristiques morphologiques sont devenues particulièrement recherchées. Leur apparence singulière peut contribuer à leur popularité et encourager une demande toujours plus importante. Mais lorsqu’une caractéristique physique devient un critère de sélection, elle peut aussi avoir des conséquences sur la santé des animaux. Chez certaines races de chiens notamment, les morphologies très particulières peuvent être associées à des difficultés respiratoires, des problèmes oculaires, des troubles articulaires ou encore des difficultés à se reproduire naturellement. Le problème n’est donc pas l’animal lui-même, mais la sélection humaine qui a progressivement favorisé certains traits physiques au détriment d’autres critères essentiels, comme la santé et la qualité de vie. Des animaux victimes de leur succès La campagne de GAIA invite ainsi à regarder au-delà de l’image. Un animal qui paraît « adorable » sur une photographie peut parfois vivre avec des contraintes quotidiennes invisibles : respirer difficilement, supporter la chaleur, avoir des problèmes de mobilité ou nécessiter des soins vétérinaires réguliers. La popularité d’une apparence peut également alimenter un cercle difficile à interrompre : plus une caractéristique est recherchée, plus elle est reproduite, et plus elle risque de devenir extrême au fil des générations. À l’heure des réseaux sociaux, cette mécanique peut être amplifiée par les images virales et les phénomènes de mode. Peut-on encore parler de beauté lorsqu’elle fait souffrir ? C’est toute la question soulevée par « Collection de malade ». L’esthétique animale n’est évidemment pas nouvelle. Depuis des siècles, l’être humain sélectionne les animaux domestiques pour leur apparence, leur comportement ou leurs aptitudes. Mais les progrès de la médecine vétérinaire permettent aujourd’hui de mieux identifier les conséquences de certaines sélections. Un animal ne devrait pas avoir à souffrir pour correspondre à un idéal esthétique. Cette réflexion concerne aussi les futurs propriétaires. Avant de craquer pour une apparence ou une race particulièrement à la mode, il est essentiel de s’intéresser à ses besoins, à sa santé et aux éventuelles prédispositions génétiques associées. Repenser notre façon de choisir un animal La campagne de GAIA pose finalement une question simple : qu’attendons-nous réellement d’un animal de compagnie ? Qu’il corresponde à une tendance ? À une esthétique popularisée sur Instagram ou TikTok ? Ou qu’il puisse vivre une vie aussi saine, confortable et longue que possible ? Pour ANIMA, la réponse semble évidente : la beauté d’un animal devrait d’abord résider dans sa vitalité, son bien-être et sa personnalité, plutôt que dans une apparence poussée à l’extrême. Changer notre regard peut aussi contribuer à changer la demande. Privilégier des élevages responsables, se renseigner sur les problèmes de santé propres à certaines races et refuser de soutenir la reproduction de caractéristiques manifestement incompatibles avec le bien-être sont autant de gestes qui peuvent faire évoluer les pratiques. Derrière chaque apparence, un être vivant Avec « Collection de malade », GAIA nous invite surtout à ne pas confondre originalité et bien-être. Parce qu’un animal n’est ni un accessoire de mode, ni une pièce de collection, ni un objet destiné à satisfaire nos critères esthétiques. Avant de choisir un physique, choisissons une vie.