À la tête de l’émission Animal porté disparu sur RTL-TVI, Sandrine Dans accompagne des familles confrontées à l’une des épreuves les plus déstabilisantes : la disparition d’un animal. Entre empathie, engagement et vécu personnel, elle revient sur une expérience profondément humaine.
Depuis plusieurs mois, Sandrine Dans prête sa voix et sa sensibilité à une émission pas comme les autres. Animal porté disparu ne raconte pas seulement des enquêtes : elle raconte des liens, des absences, et parfois des retrouvailles. Pour ANIMA, l’animatrice revient sur ce qui l’a poussée à s’engager dans ce projet, et sur ce qu’il révèle de notre relation aux animaux.
Qu’est-ce qui vous a attirée dans ce projet ?
Ce projet existe depuis longtemps. Il y a six ans, Gérôme Noël m’en a parlé pour la première fois. À l’époque, il réalisait L’Amour est dans le pré et il m’a dit : “J’ai une idée, j’ai pensé à toi.” J’ai tout de suite été emballée. Mais en télévision, les projets prennent du temps à se concrétiser… et six ans plus tard, quand il m’a annoncé que c’était enfin lancé, j’étais prête. Il savait que j’attendais ça, notamment parce qu’il connaît mon amour pour les animaux. Et puis c’est un concept unique, qui n’existe nulle part ailleurs.
Qu’est-ce qui vous touche le plus dans ces histoires ?
La détresse des familles. Un animal, ce n’est pas un “plus” dans une vie, c’est un membre de la famille. Quand il disparaît, on est complètement démuni. On ne sait pas par où commencer, à qui s’adresser. L’émotion prend le dessus sur tout le reste. Ce qui me touche, c’est cette envie de les aider, de leur apporter des réponses.
Y a-t-il une histoire qui vous a particulièrement marquée ?
Oui, celle d’Adec, un vieux Jack Russell disparu du côté de Bertrix. Il était sourd, aveugle, affaibli… On pense qu’il est probablement allé se cacher pour mourir. Mais ne pas pouvoir apporter de réponse à la famille, ne pas pouvoir leur permettre de faire leur deuil, c’est extrêmement perturbant. Ça m’a beaucoup touchée.
Comment gérez-vous l’émotion des familles ?
Je reste moi-même. Si je suis touchée, je ne le cache pas. Mais on travaille en équipe, et chacun a son rôle. Certains, comme Julien, qui fait partie de la cellule bien-être animal de la police, ont une approche plus factuelle. Dans ces moments-là, je peux lui passer le relais. Moi, je suis là aussi comme un soutien humain, proche des familles.
Avez-vous vous-même vécu la disparition d’un animal ?
Oui. J’avais une douzaine d’années. Mon chien avait très peur des orages. Un jour, alors qu’il faisait beau, un orage a éclaté et elle a disparu. On ne l’a jamais retrouvée. On ne sait pas ce qu’elle est devenue. C’est une histoire qui m’a marquée et qui résonne encore aujourd’hui.
Qu’avez-vous appris grâce à cette émission ?
La solidarité. Lors d’une battue organisée pour retrouver un chien, j’ai été frappée par le nombre de personnes venues aider, sans même connaître l’animal ou sa famille. Les gens se mobilisent parce qu’ils se projettent : “Et si c’était le mien ?” Ça m’a profondément touchée. Ça rappelle aussi qu’il y a beaucoup de bienveillance chez les gens.
Pensez-vous que ce type de programme peut faire évoluer les mentalités ?
Oui, j’en suis convaincue. Au-delà de la recherche, on apprend énormément sur le comportement animal. Un animal paniqué peut perdre ses repères, ne plus répondre à son nom… Comprendre cela peut vraiment changer la manière dont on agit.
Quel conseil donneriez-vous en cas de disparition ?
Ne pas abandonner. Continuer à chercher, à diffuser, à prévenir les vétérinaires, la police, les réseaux sociaux. Et surtout : faire identifier son animal. C’est essentiel. On pense toujours que ça n’arrive qu’aux autres… jusqu’au jour où ça arrive.
Vous avez récemment perdu vos deux bouledogues…
Oui, à six mois d’intervalle. Ils avaient dix ans, ce qui est déjà un bel âge pour des bouledogues. J’ai eu la chance de les voir partir naturellement, sans devoir prendre de décision difficile. Mais ça reste une immense peine. Ils faisaient partie de la famille, ils ont grandi avec mes enfants. Le deuil d’un animal est souvent sous-estimé, mais il peut être aussi fort que celui d’un humain.
Vous avez accueilli un nouveau chien depuis…
Oui, un petit caniche nommé Marcel. C’est arrivé un peu par hasard, mais j’aime penser que rien n’arrive par hasard. Il a apporté beaucoup de lumière à la maison, surtout dans cette période de deuil.
Chaque animal est-il unique ?
Oui, profondément. Mais il y a aussi des liens, des continuités; Comme dans une famille. Et j’aime croire que certains animaux arrivent dans nos vies pour une raison précise.
Parlez-nous de Marcel…
Marcel est très intelligent, très vif, très observateur. Il est aussi extrêmement attachant. Il a une énergie complètement différente de mes bouledogues, mais il a su trouver sa place immédiatement. En quelques heures, il faisait déjà partie de la famille.
À travers Animal porté disparu, Sandrine Dans ne se contente pas de raconter des histoires : elle met en lumière des liens invisibles mais essentiels. Et rappelle, avec simplicité, que derrière chaque disparition, il y a une attente, un espoir — et un amour profond.




